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LETTRE DE MADO - MADO S LETTER | MES VOYAGES - MY TRAVEL | VOILES AUX VENTS - SEXY WINDOW | A COUVERT - UNDER COVER | L EMPREINTE - THE IMPRINT | OMBRE PORTÉE - SHADOW MAN | ACTE MANQUÉ - FREUD | VOILE D EAU - THE BATHER | CHAISE POLONAISE - THE POLISH CHAIR | ELLE EST LUMIÈRE - LIGHT SHE IS |
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L EMPREINTE - THE IMPRINT | 2010 | WORKS
The Imprint
Beyond the diversity of shapes, colors or textures, these towels tell their own story. They are the imprints of unclad and unrestrained bodies. Heavy, light, lively or busy, these bodies rise, move away and leave their imprints. In their grooves and furrows, the curbs of their folds memorize a posture, feelings, emotions, between presence and absence; just the time to bathe.


L’empreinte
Au delà de la diversité des formes, des couleurs ou des textures, ces serviettes racontent une histoire. Elles sont l’empreinte de corps délivrés de vêtements, corps offerts au repos, à l’abandon. Lourds, légers, vifs ou affairés, ces corps se relèvent, s’éloignent et laissent leur empreinte. Dans leurs sillons, les courbes de leurs plis mémorisent une posture, des sentiments, des émotions, entre présence et absence, le temps du bain.


Les travaux photographiques de la série L’Empreinte réalisés par Niloufar Banisadr fonctionnent sur plusieurs niveaux de perception. Comme nous le dit l’artiste en expliquant sa démarche … ces serviettes racontent une histoire. Elles sont l’empreinte de corps délivrés de vêtements, corps offerts au repos, à l’abandon. Indubitablement, mais au travers de cette opération, qualifiable de synthèse soustractive des corps, apparaît un côté minéral qui questionne la possibilité d’une abstraction. Apparaît une forte minéralité se composant de vallées et de montagnes, de tracés et de sillons, de plis et de replis, accidents éphémères d’une cartographie intime, nouvelle texture qui fait changer d’échelle le linge domestique pour lui conférer la puissance et le mystère d’un paysage lunaire ou d’une énigmatique calligraphie préhistorique.

Pour en revenir au corps et à son absence, c’est l’apparition du drapé qui soudain accapare le regard. On se souvient que sa représentation est un exercice incontournable dans l’art occidental. La peinture de la Renaissance, s’inspirant de la statuaire antique, a remis au goût du jour cette approche synonyme de virtuosité et de connaissance du métier. Le drapé sert ainsi à suggérer la présence des corps sous les vêtements, ces derniers servant aussi à repérer l’individu dans l’échelle sociale. Pourtant chez Niloufar Banisadr on se trouve en présence d’un phénomène inverse puisque le drapé révèle principalement l’absence des corps. La puissance des torses masculins et le galbe parfait de certaines jambes féminines, ou l’inverse, n’existent qu’à travers ces traces fugaces. La suggestion l’emporte ainsi sur la monstration affichée et creuse sa différence perceptive.

Si l’histoire de la Peinture semble contaminer l’œuvre photographique de l’artiste au niveau de références tant italiennes que nordiques, la force dégagée par ses œuvres se trouve surtout dans la maîtrise photographique au travers du cadrage et de l’exposition frontale de ses paysages privés. Là encore opère un glissement de sens puisque la naissance d’une archéologie du sentiment nous mène à l’existence d’un corps fortement sexué mais absent. La narration joue avec la couleur, des traces évanescentes de sable et la puissance d’une mise en scène qui manie avec brio cet instant décisif de la prise de vue. Tous ces éléments se conjuguent pour aboutir à une scénographie où le visible suggère l’invisible au travers d’une représentation elle-même soumise à des codes narratifs. Si son esthétique peut se juger à la complexité de sa démarche, l’œuvre photographique de Niloufar Banisadr se hisse indéniablement vers un point d’excellence.